Edito

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dimanche 14 août 2016

Débats nationaux... Plumes sincères et plumes troubles

La Mauritanie qui du point de vue de la foi est une en l’Islam se conjuguait pourtant culturellement au pluriel de façon harmonieuse. C’est cela qui continua de prévaloir sans rupture ni controverses jusqu’à l’avènement après l’indépendance des nationalismes restreints et chauvins arabe et négro-africain. Une nouvelle étape voit alors le jour. Elle ne cessera depuis, sous les coups de boutoir de discours bornés, de s’amplifier créant des écarts toujours plus profonds entre les composantes arabe et négro-africaine.
La réforme du système éducatif de 1973 qui entraîne l’arabisation de l’enseignement va engendrer, par refus et réaction, l’appropriation par les négro-africains de la langue française à défaut de voir promouvoir, vulgariser et enseigner leurs langues mères. Malaise qui va continuer à peser en dépit des efforts qui seront consentis et se traduisant par l’abrogation en 1979 du décret n° 79.348/PG/MEFS portant création d'un Institut des langues nationales.

Aujourd’hui ce fossé qui s’élargit continu malheureusement d’affaiblir les affluents de la culture tant en leurs aspects civilisationnel et culturel spécifiques, qu’en ceux de l’influence positive attendu du brassage entre les cultures et de l’humanisation en commun des rapports et échanges sur tous les plans et à tous les niveaux.

Manifeste pourtant est la démission des intellectuels de ce pays sensés en tout état de cause être les dépositaires légitimes de l’action d’élévation du niveau des débats nationaux orientés vers le combat des passions sectaires. Or ce combat âpre doit nécessairement être sous-tendu par une pacification au moyen de toutes les langues en leur sagesse (parce qu’appartenant à ceux qui les maîtrisent), l’espace du dialogue et le hisser au niveau des attentes du peuple dans sa diversité et atteindre ses attentes et aspirations communes à l’unité, l’égalité, la liberté et le bien être.

Mais c’est, hélas, cette malheureuse démission que reflète clairement l’absence de contributions efficientes et édifiantes dans les débats télévisés et radiophoniques, sur les colonnes de journaux et mieux dans le grand éventail de portails électroniques qui couvrent un large spectre des mass-médias. Pire les plus engagés, parmi les rares prêcheurs de la tolérance perdue dans les abimes de la discorde, sont les victimes d’outre l’abattement, de la carence des canaux d’écoute, de singuliers et dangereux prédateurs, malhonnêtes aux plumes crapuleuses et au tempérament saugrenu, semeur de doutes et de troubles. Il s’agit hélas de personnes qui à défaut de pouvoir s'attacher aux idées, les comprendre, les analyser, les critiquer essayent en toute circonstance de diaboliser et de décrédibiliser ces vaillants résistants aux sectarismes de toutes sortes, plus aptes qu’eux à accompagner leur pays par l’écrit et la parole en ce tournant décisif de son histoire.

Or diaboliser et ou décrédibiliser ceux-là pour en fait atteindre leurs idées ne fait que confirmer chez leurs détracteurs l'absence de pensée, d'esprit critique et de raison inhérent à l'absolutisme du mal fatal et à l'injuste dont ils sont imbus. La raison est pour eux d'arriver à leurs fins par n'importe quel moyen et sans se soucier de savoir ce que cela de mal pourrait engendrer tant ils sont subjectifs, insincères et de mauvaise foi dans leur manière de raisonner ou de penser.

El Wely Sidi Haiba

Sources : Entafla 

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